statement
Ramener le regard sur ces objets abandonnés, les rendre à nouveau
visibles, alors que nous les écartons de notre vue avant même
qu'ils ne soient enlevés à notre environnement. Ces choses devenues
si fragiles, prêtes à une disparition imminente, que sont-elles
finalement ?
Qui sommes-nous quand nous (ne) les regardons (pas)?
Dans ma série ” Extra(ordinary)” j’assemble des constructions
précaires faites de déchets issus de notre environnement. Sacs
en plastique, cartons d’emballage et bouteilles vides jetées
dans la rue deviennent des “ sculptures éphémères
”.
J'en fais des éléments de paysages imaginaires que je mets en
scène. Pour cela, je leur adjoins des mauvaises herbes surgies dans
les interstices de la ville, toujours à proximité du lieu où
je les ai trouvées. La transparence de la matière de certains
de ces objets, leurs couleurs souvent vives et artificielles créent
de forts contrastes avec les tons verts et bruns des plantes que j'ai cueillies,
les arrachant elles aussi à ce qui était leur vie.
La prise de vue est toujours faite sur place, autour de l’endroit où
je récupère les déchets. Je les déplace légèrement
pour les détacher de leur ancien contexte et les réinventer,
sous forme de "natures mortes". – des sculptures précaires
qui ouvrent la perspective d'un univers autre, plus bas, presque intime, où
les hiérarchies traditionnelles n'existent plus, où les produits
de masse perdent l'insistance de leur mission pour acquérir une personnalité
singulière.


titre: “Extra(ordinary) 7”
taille : 58 x 58 cm
contre collée sur aluminium
tirage: lambda print
edition l'imitée : 5

spécification technique
nombre d'images : 12
technique : argentique
tirage : lambda print
taille : 58 cm x 58 cm
édition limitée: 5