
EXPOSITION
et PUBLICATION
Le résultat de cette recherche intensive sera présenté
au public lors d'une exposition solo qui aura lieu au Centre SAGAMIE du 9
avril au 2 juin 2009. Une publication témoignant du développement
de ce projet sera également éditée par SAGAMIE Édition
d’art et lancée le soir du vernissage, le jeudi 9 avril à
17h00. Le texte accompagnant les oeuvres de Mayer est de Jean-François
Caron.
En voici un extrait:
"Comme plusieurs artistes de la photographie, Eva Mayer se montre intéressée
par les thèmes de la disparition et de la mort. Sans doute est-ce en
raison des caractéristiques même de la photographie. En donnant
l’impression d’extraire le modèle du temps, de l’arrêter
sur le chemin de son inéluctable destin, le cliché se présente
comme un simulacre d’éternité. Mais il ne s’agit
bien que d’un leurre puisque la photo n’isole pas l’être
: elle s’institue au mieux comme sa trace.
C’est sur cette piste que s’avançait René Char,
en affirmant qu’un poète doit laisser des traces de son passage,
non des preuves et que seules les traces font rêver. Ce qu’aborde
Char, ce n’est pas seulement la poésie, mais aussi l’œuvre
d’art. Suivant cette réflexion, François Soulages place
la photo comme trace créant une tension vers le rêve de celui
qui sera spectateur de la photo. Chez Mayer, toutefois, le rêve intervient
aussi avant la prise de vue, dans le rapport privilégié qu’elle
entretient avec ses modèles.
Car si la photographie est incapable de prouver en soi l’existence,
se résignant à éprouver la perte de ce qu’elle
représente et du mystère qui en subsiste, elle peut s’ouvrir
à la fiction. La photographie ne fixe alors pas le sujet à un
instant précis de son quotidien, mais le sujet rêvé à
un instant de sa propre fable . Elle ne fixe pas l’être, mais
elle le métamorphose, modifie son environnement, et cette transformation
continue dès qu’on regarde la photo ou qu’on cherche à
la raconter. "
Jean-François Caron
RÉSIDENCE
En collaboration avec le Conseil des arts et des lettres du Québec,
Langage Plus et le Centre SAGAMIE présentent
un nouveau programme de Résidences internationales à Alma qui
s’inscrit dans le cadre des Pépinières européennes
pour jeunes artistes.
L’artiste autrichienne Eva Mayer est la première à participer
à ce nouveau volet du programme à Alma. Elle a reçu une
bourse du CALQ pour réaliser un séjour de trois mois et développer
son projet intitulé Tous les jours sont des adieux, qui se positionne
en lien avec la communauté locale.
Après avoir rencontré et tissé des relations avec une
quinzaine de personnes dites du troisième âge, l’artiste
a réalisé des prises de vues se situant entre la mise en scène
et le documentaire, et qui lui serviront de point de départ à
une recherche plastique mettant à profit les outils numériques
de transformation et d’impression des images.

